Outplacement vs reclassement : quelle différence pour le salarié ?

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Ces deux termes sont souvent associés dans les discussions autour du licenciement, au point qu’on les emploie parfois l’un à la place de l’autre. Pourtant, ils ne désignent pas la même chose puisqu’ils ne relèvent pas du même cadre juridique et ils ne produisent pas les mêmes effets pour le salarié. Comprendre la différence entre outplacement et reclassement, c’est comprendre ce à quoi on a droit, ce qu’on peut négocier et ce qu’on risque de manquer si on ne fait pas la distinction.

Le reclassement : une obligation légale, pas un service

Le reclassement est une notion juridique. Avant tout licenciement économique, le Code du travail (article L. 1233-4 du Code du travail) impose à l’employeur de chercher activement à repositionner le salarié sur un autre poste, que ce soit dans l’entreprise ou au sein du groupe. Ce n’est pas une démarche volontaire ni un geste commercial : c’est une obligation légale, dont le non-respect peut invalider la procédure de licenciement aux prud’hommes.

La même logique s’applique en cas d’inaptitude médicale. Dès lors qu’un médecin du travail déclare un salarié inapte à son poste, l’employeur doit lui proposer des offres de reclassement adaptées à ses capacités, après consultation du CSE. Les postes proposés doivent se rapprocher autant que possible de celui qu’occupait le salarié avant son arrêt.

Dans les deux cas (licenciement économique ou inaptitude), le reclassement vise à maintenir le salarié dans l’emploi, pas à l’accompagner vers un autre employeur. C’est une recherche interne, encadrée, traçable et qui produit des documents opposables. Le salarié peut refuser les propositions, mais un refus jugé abusif face à une offre conforme peut fragiliser sa position en cas de litige.

L’outplacement : un accompagnement piloté par un cabinet externe

L’outplacement ne cherche pas à maintenir le salarié dans l’entreprise. Il l’accompagne vers l’extérieur : que ce soit vers un nouveau poste, un nouveau projet ou parfois même une reconversion. C’est un service confié à un cabinet spécialisé et financé par l’employeur, qui mobilise plusieurs outils :

  • Bilan de situation
  • Coaching,
  • Travail sur le CV et le profil LinkedIn,
  • Préparation aux entretiens,
  • Activation du réseau,
  • Accès au marché caché de l’emploi.

Contrairement au reclassement, l’outplacement n’est pas une obligation légale dans tous les cas. Il devient obligatoire uniquement dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), pour les entreprises d’au moins 50 salariés qui licencient plus de 10 personnes sur 30 jours. Hors PSE, il relève d’une décision de l’employeur ou d’une négociation avec le salarié, notamment dans le cadre d’une rupture conventionnelle.

La durée d’un programme varie selon les formules et les profils : de quelques semaines pour un accompagnement court à plusieurs mois pour un suivi approfondi. Chez Accile, l’outplacement est individuel par choix : un seul interlocuteur, un suivi personnalisé du début jusqu’à la prise de poste, avec une connaissance fine des marchés de la Communication, du Marketing, du Digital et de l’IT.

Outplacement vs reclassement : le comparatif point par point

Voici les différences entre les deux dispositifs :

  Reclassement Outplacement
Nature Obligation légale Service d’accompagnement
Objectif Repositionner en interne Accompagner vers l’extérieur
Qui le pilote ? L’employeur Un cabinet spécialisé externe
Obligatoire ? Oui (licenciement éco, inaptitude) PSE uniquement (ou négocié)
Qui finance ? L’employeur L’employeur
Contexte typique Licenciement éco, inaptitude Rupture conventionnelle, PSE, licenciement

 

Dans quel cas viser l’outplacement plutôt que le reclassement ?

Quand un départ va avoir lieu (licenciement économique, rupture conventionnelle, inaptitude, etc.) l’employeur devra s’acquitter de ses obligations légales en matière de reclassement. Des offres de poste vont arriver, parfois éloignées du profil ou du projet du salarié.

L’outplacement, lui, part d’un autre postulat : le salarié ne cherche pas forcément à rester dans l’entreprise ou dans le même secteur. Il veut rebondir rapidement et dans la bonne direction. C’est là qu’un cabinet d’Outplacement apporte quelque chose que l’employeur ne peut pas offrir :

  • Une vision extérieure,
  • Un réseau indépendant,
  • Un accompagnement centré uniquement sur les intérêts du salarié.

Dans le cas d’une rupture conventionnelle, l’outplacement ne s’impose pas légalement, mais il peut se négocier. De nombreux salariés l’intègrent dans les conditions de la rupture, au même titre que l’indemnité. Dans le cadre d’un licenciement économique hors PSE, l’employeur n’est pas obligé de le proposer, mais rien n’empêche le salarié de le demander explicitement lors des discussions qui précèdent la signature.

Pour un cadre ou un manager, l’outplacement individuel représente souvent la solution la plus efficace : un accompagnement sur-mesure et calé sur les réalités du marché, avec un cabinet qui connaît les recruteurs et les codes de ces univers. Accile propose ce type d’accompagnement depuis Paris et Lyon.